Accueil » Ecommerce » L’impression 3D… l’avenir se dessine

Next prev

L’impression 3D… l’avenir se dessine

Imprimer un document sur une feuille d’imprimante n’a rien de spectaculaire, mais imprimer un objet réel en trois dimensions (3D) telle une clé à molette en acier relèverait, pour certains, d’un monde futuriste. Pourtant la technologie existe et elle ne date pas d’aujourd’hui. Elle est utilisée, en effet, depuis les années 1980, sauf qu’elle était, jusque-là, réservée à des professionnels et des ingénieurs spécialisés en conception et en prototypage industriel. Ce n’est que depuis quelques années qu’on a assisté à un regain d’intérêt pour l’impression 3D notamment auprès du grand public. Ce regain est dû, en grande partie, à la baisse des prix du matériel informatique, à la maturité du web et surtout à l’expiration des brevets favorisant ainsi la libre concurrence.

Mais, c’est quoi l’impression 3D?

Une imprimante 3D est un dispositif technologique qui permet de « fabriquer » des objets réels à partir d’un modèle numérique développé sur un ordinateur. Le processus d’impression consiste à superposer plusieurs couches jusqu’à l’obtention d’un objet que l’on peut tenir sur une main. Ce processus est également appelé « la fabrication additive » due au fait que l’on additionne plusieurs couches pour obtenir la forme finale de l’objet.

Au lieu d’utiliser l’encre, comme c’est le cas pour une imprimante à papier, l’imprimante 3D utilise divers matériaux tels que le plastique, l’aluminium, l’acier inoxydable et la céramique. Les objets que l’on peut fabriquer par l’impression 3D sont innombrables (par exemple : étuis protecteurs de téléphones et de tablettes, lampes, chaussures, articles de bureaux, lunettes, vases, jouets, bracelets, bijoux, prothèses, etc.). Il peut être surprenant de savoir que des pièces imprimées en 3D équipent déjà plusieurs aéronefs civils et militaires. C’est le cas de certains appareils des avionneurs Boeing et Bombardier.

Pour « imprimer » un objet, un utilisateur doit disposer de sa représentation numérique, c’est-à-dire le modèle tridimensionnel qui lui est associé. Plusieurs programmes informatiques pour les débutants comme pour les professionnels existent pour créer son propre modèle, mais ces outils requièrent tous une expertise de base en modélisation 3D (par exemple, Sketchup). Ceux qui sont moins disposés à apprendre ces outils peuvent se procurer des modèles 3D sur le web et les imprimer à domicile.

Des places de marché numériques ont même vu le jour ces dernières années et ils connaissent une croissance constante. C’est le cas par exemple de la place de marché Shapeways et Cubify. Sur ces sites, plusieurs fichiers sont disponibles pour un téléchargement payant ou gratuit. En sus d’exposer des modèles 3D, ces places de marché proposent aussi aux clients de passer des commandes d’impression 3D que l’on envoi par la poste. C’est le cas par exemple de la compagnie Sculpteo qui offre une application pour tablette pour produire des poteries. La poterie virtuelle devient réelle, une fois imprimée, et on la reçoit à domicile.

La révolution

En cette décennie, l’impression 3D est l’une des tendances technologiques qui connaissent une croissance soutenue, selon Gartner. En effet, les ventes mondiales et services relatifs à l’impression 3D se sont élevés à 2,2 milliards de dollars en 2012, en hausse de 28 % comparativement à l’année précédente (Bloomberg Businessweek). Wohlers Associates, le cabinet chargé de l’étude estime que ce chiffre atteindra environ 6,5 milliards de dollars en 2019.

L’impression 3D promet une véritable révolution dans le domaine des affaires. Rien de moins. Les modèles de production et de livraison ainsi que les habitudes de consommation peuvent en être bouleversés. Du côté des ménages, plusieurs objets peuvent être ainsi « imprimés » plutôt qu’achetés. Une pièce défaillante d’un appareil électroménager, par exemple, pourrait être fabriquée à domicile ou lieu d’être commandée. Pour les consommateurs, la personnalisation connaitra un nouvel élan. Alors que l’on peut déjà personnaliser des produits selon les choix proposés par le fournisseur, comme c’est le cas de Nike-ID et Trekbikes, toute personne serait en mesure d’apporter les modifications, petites ou grandes, au modèle numérique au gré de ses goûts et ses envies.

Du côté des entreprises, plusieurs firmes pourraient repenser la pratique d’entreposage des milliers, voire des millions de produits, puisque les articles pourraient être « imprimés » et assemblés près des points de consommation. Pour plusieurs entreprises, les coûts de production seront associés principalement à la « création » des modèles numériques et au fonctionnement des imprimantes 3D. Le travail manuel serait considérablement réduit.

Pour les fabricants, la personnalisation de masse serait aussi efficiente que la production de masse. En effet, les modifications se feront principalement niveau du logiciel et non dans le processus de fabrication qui peut exiger, par exemple, des modifications dans les moules utilisés. Il va sans dire que la technologie de l’impression 3D se veut verte et respectueuse de l’environnement. Elle promet de réduire les déchets dans la mesure où seules les quantités requises pour la fabrication sont utilisées. L’empreinte Carbonne serait réduite vu qu’il y aurait moins d’articles transportés.

Deux exposants au World Expo Center, Dalian, Chine font la démonstration d’une imprimante 3D. En prenant une photo du visage d’une personne, ils peuvent en faire une figurine.

Au-delà des individus et des entreprises, l’impression 3D pourrait aussi affecter le système économique une fois cette technologie deviendra la norme. La Chine, par exemple, devrait repenser, dans un avenir proche, son modèle de fabrication de masse pour rester concurrentielle. Une initiative qui a l’air déjà entreprise puisque l’économie chinoise se tourne de plus en plus vers une économie de savoir. La chine saura tirer profit du marché émergent de l’impression 3D.

Toutes ces nouvelles dynamiques annoncent une nouvelle ère pour le commerce en ligne. Après le commerce social (S-commerce), le commerce mobile (M-mobile) et le commerce local (L-commerce). Voilà le commerce créatif : le C-commerce. Celui-ci étend le modèle acheter-vendre à créer-acheter-vendre sur le web (Mashable). Tout individu sera en mesure de créer un modèle 3D d’un objet, l’acheter ou le vendre. Il ne serait pas étonnant de voir, dans un avenir très proche, des projets de création 3D collaboratifs dans  le cadre de communautés mondiales similaires à celles des développeurs du code source ouvert.

Par ailleurs, le C-commere soulèvera sans doute des nouveaux enjeux éthiques. De la même façon que le piratage aurait nui à l’industrie de la musique, la contrefaçon et la violation de la propriété intellectuelle des modèles numériques 3D seraient au cœur de nouveaux débats de société. Dans cette même lignée, des nouvelles régulations devront voir le jour pour contrer l’impression d’articles dangereux tels que les armes ou les articles copiés et utilisés pour des fins criminelles.

Conclusion

De nos jours, l’impression 3D présente encore certaines limites. Certaines sont reliées au choix limité des matériaux utilisés et d’autres à la précision et à la vitesse d’exécution du processus d’impression. Il y a aussi des produits qui se prêtent moins à l’impression tels que les plaques électroniques. Mais à fur et à mesure que ces technologies gagnent en maturité, des nouvelles possibilités et des nouveaux métiers verront le jour. L’impression 3D a déjà annoncé le début d’une nouvelle ère…. Qu’en pensez-vous?

By Hamid Nach

Photos. Courtoisie: Shapeways.,Formlabs, Jellyandmarshmallows.

Étiquettes :
Article précédent
Article suivant

About Hamid Nach

2 Commentaires

  1. Article très pertinent qui fait le tour de ce sujet fascinant.

    Qu’en est-il de ceux qui parlent d’imprimer des tissus vivants dans le but, par exemple, de remplacer des parties d’organes ou des organes complets ? Faudrait-il créer un moule et y faire travailler des cellules souches ?

  2. Article inspirant….Ça serait cool d’avoir une imprimante 3D chez soi, pour imprimer des chaussures de marque, des sacs, des lunettes de soleil, etc.Au lieu de se ruiner financièrement pour acheter quelques articles, on peut avoir toute la collection pour pas cher. Est-ce possible?

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié. Champs nécessaires *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Scroll To Top